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La Légende de Valancar

Tome 1 : L'ascension Ténébreuse (Roman Fantastique)

  • 2 Contributeurs !

    Deux contributeurs ! Déjà deux personnes ont choisi de poser un pied sur le monde de Valancar !

    Pour fêter ça, retrouvez juste après un extrait du premier chapitre de La Légende de Valancar, en espérant que ça ne vous donnera que plus envie de découvrir la légende ! :) 

     

    Extrait de « La Légende de Valancar »

    L’effroi de la sylve 

    La faible lumière des étoiles perçait le ciel opaque et noir. La lune éclairait faiblement la forêt qui s’étendait sous l’astre. Une forêt épaisse qui inspirait la peur et le danger, dès l’instant où les yeux se posaient sur la masse sombre d’arbres qui semblaient dissimuler des rangs de créatures dangereuses, prêtent à se rassasier du passant qui chemine. De l’agitation se ressentait d’ailleurs à travers la sylve. Une agitation semant la mort sur son passage…

     

    Il courrait à en perdre haleine, ses pas écrasant les branches et les feuilles de la forêt qui craquaient sous son poids. Son corps était poisseux de transpiration, son visage ruisselait de sang des profondes coupures qui l’entachaient et ses vêtements étaient déchirés par les ronces entourant les arbres tels des étaux.

    La forêt était dense et les troncs des arbres s’épaississaient à mesure qu’il progressait dans le cœur du bois. Il manqua de tomber de nombreuses fois, se raccrochant à ce qu’il pouvait, se blessant davantage par moment tant les lianes agressives attaquaient sa peau.

    Il choisit alors de stopper sa course effrénée, cherchant sa respiration, adossé à un arbre en proie aux pics de la sylve qui déchirèrent davantage son corps, laissant couler d’autant plus de sang. Mais qu’importe, il  n’arrivait plus à suivre une telle cadence.

    En jetant un bref regard en arrière, éclairant le chemin qu’il venait de parcourir avec sa lanterne défraichie, il s’aperçut que ce qui le poursuivait était beaucoup trop proche, du mouvement se devinant au loin. Mais il sentait que plus il voudrait forcer l’allure, plus son corps lui rappellerait à quel point il était blessé.

    Pourtant, il puisa dans le peu de force qui lui restait, quitta sa position et fit en sorte de courir encore plus rapidement.

    Cependant, au fur et à mesure qu’il avançait, il lui sembla que la forêt voulait freiner sa route, l’obligeant plusieurs fois à contourner certains arbres, trop rapprochés pour permettre le passage d’un humain.

    La distance entre lui et son traqueur devenait alors de plus en plus réduite et la peur qui le tenaillait déjà depuis longtemps, contractant douloureusement son ventre, devenait de plus en plus grande.

    Et tandis que les ténèbres de la nuit s’insinuaient davantage dans le ciel, que les ombres devinrent plus menaçantes et que les ténèbres vinrent entourer toute la forêt, la pâle lueur d’espoir qui lui restait de réchapper à cette course poursuite s’étiolait peu à peu.

    Soudainement, manquant d’attention à cause de la fatigue et de la douleur, il chuta, tête la première, se prenant les pieds dans des branches et des fougères. Son visage déjà tuméfié se déchira alors sous son œil droit et un intarissable flot de sang s’écoula de la blessure.

    Peinant pour se relever, s’aidant des plantes grimpantes et coupantes, il dut abandonner sa cape, qui se déchira, prise dans les ronces, afin de poursuivre sa route. Mais la douleur que l’adrénaline avait fait s’amoindrir, revint à grand pas.

    Sa cheville cassée, son visage tailladé et ruisselant de sang et son avant-bras couvert d’hématomes l’empêchèrent d’avancer aussi vite qu’il le faisait jusqu’ici.

    Il trébucha à nouveau en s’étalant de tout son long et lâcha sa lanterne, incapable de se tenir debout, tant il manquait de souffle.

    Le moindre effort devenait surhumain. Tout autour de lui sembla se resserrer comme une cage. Les pics des ronces qui tapissaient le sol et qui lui pénétraient la peau semblèrent s’insinuer plus vigoureusement et son souffle saccadé trahit sa douleur. Le ciel qu’il pouvait alors apercevoir autrefois n’était plus qu’un amas de feuilles sombres et ténébreuses.

    Soudain, perçant la nuit et le silence oppressant qui planait en ces lieux, il entendit ce qu’il redoutait. Des bruits de pas se firent entendre. Des pas lourds. Bien trop pour appartenir à humain. Un léger hennissement froid et résonnant d’un écho malsain lui fit comprendre pourquoi son assaillant l’avait rejoint si rapidement. Pourtant, la forêt rendait impossible le passage d’un tel animal.

    Toujours face contre terre, incapable du moindre mouvement, il entendit le cavalier descendre de sa monture, tombant sur ses pieds, l’écho de lourdes bottes se faisant entendre. Aussitôt il chercha à s’échapper. Non pas physiquement car ça lui était impossible, mais mentalement. Il emplit son esprit des beaux souvenirs qu’il possédait, cherchant à faire fuir la peur et les ténèbres de la situation.

    Une lame fut tirée de son fourreau en un terrible bruit métallique qui résonna à travers toute la forêt. Le bruit des doigts gantés d’argent qui se resserrèrent contre la poignée de l’épée arracha un horrible frisson à l’homme, à terre, qui attendit patiemment sa mort en se réfugiant à nouveaux dans ses souvenirs. Il avait lutté pendant longtemps. Mais il était impossible de fuir éternellement.

    C’est alors que tout semblait perdu, que l’ombre menaçante s’étant matérialisée en un terrible râle de mort, que l’espoir revint en lui.

    Il entendit un autre bruit de pas. Hâtif, fluide et agile. Quelqu’un qui connaissait la forêt arrivait rapidement dans sa direction. Puisant dans le peu de force qui lui restait, l’homme à terre se retourna alors et prit le risque d’ouvrir les yeux. D’ouvrir les yeux sur l’instrument de sa mort. Et celui qui le tenait.

    La créature culminait à plus de deux mètres, enveloppée dans un amoncellement de tissus noirs et gris ainsi que de quelques lambeaux rouges. Tout droit sorti d’un cauchemar, le monstre humanoïde avait le visage dissimulé par un imposant et terrifiant crâne de buffle dont les cornes étaient si longues qu’elles descendaient et se recourbaient au niveau de la poitrine du monstre. Couvert par une capuche, cette dernière laissait s’échapper un amas de fumée noire et d’un liquide tout aussi sombre qui tourbillonnait lentement tout autour de l’agresseur.

    Tenant une terrible épée à la lame noire comme la nuit et dont la garde représentait des ailes de dragons déployées, il la brandissait au-dessus de la poitrine de sa victime, sans se soucier de la personne qui arrivait. Le métal froid lui transperça alors la peau et le cœur, se nourrissant du sang qui tacha la lame.

    La victime ne poussa pas même un cri. Seul son visage se tordit en rictus crispé. Il ne fallut pas longtemps au muscle vital pour s’arrêter de battre, toutes ses forces étant déjà amoindries. Cependant, en tournant la tête, dans un dernier soupir, il put voir qui était venu à son secours, avant de sombrer dans les ténèbres éternelles.